Lundi 9 mai 2011
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Un titre un peu revendicateur pour ce nouvel article mais en voici les raisons.
Contexte : l’affichage dans le métro est un peu monotone et le consommateur se retrouve être un simple individu passif.
Tous les jours, je me presse dans le métro en espérant attraper le plus rapidement possible la prochaine correspondance. Mais, bien souvent je la rate de peu, et je prends alors le temps de
"contempler" les affichages sur les murs dont les contours moulés aux couleurs or me font penser que son contenu sera exceptionnel. Les marques me proposent sur ces murs des messages le plus
souvent informatifs (salon, exposition, promo de la grande distribution, appel au don, …) avec plus ou moins d'originalité et de pertinence afin d'utiliser mon temps d'attente (vive le wait
marketing) et, par la même occasion, je tente d’en décrypter les messages.
Constat : peu d’affichages restent en mémoire … mais les tags et les
graffitis interpellent mon âme de communicant
Un an après mon arrivée à Paris et des centaines d'affiches publicitaires plus tard, je dois vous avouer que peu d'entre elles m'ont marqué et, me diriez vous, ce n’est pas l’objectif
principal de ce média. Mais je ne me serais jamais posé cette question si une chose impertinente n’avait pas retenu mon attention et n’avait pas fini par me rester en mémoire : les tags et les
graffitis.
Bien entendu, le simple fait de travailler dans la communication peut biaiser mon comportement et les ressentis que je peux avoir sur une publicité, ma sensibilité professionnelle étant
interpellée. Il en est donc de même pour mon sentiment en voyant un graff sur un affichage.
3 types de profils se dessinent ...
Une chose est sûre, les personnes n'hésitent pas à apporter leur touche avec de
simples mots ou quelques dessins griffonnés à la va vite, avant de monter dans un train dont la sonnerie prévient de la fermeture imminente de ses portes. Nous pouvons facilement identifier trois
types de personnes qui réalisent ce genre d’actions : les anti-pubs dans leur rôle de revendication, les tagueurs et graffeurs, qui apposent leur marque d’appartenance et véhiculent leur
identité à travers des signes et des dessins et, de simples inconnus qui n’hésitent pas à ajouter une moustache à la Dali sur le visage d’un mannequin faisant la promotion de la nouvelle
collection de prêt à porter.

... mais une volonté unique :
s’exprimer
Avant tout, il existe dans ses actions une seule et même volonté : s'exprimer. Qu'il s'agisse, de critiquer ou de détourner la publicité, ou même d’y inscrire quelque chose en totale
décalage et incohérence avec l’affiche en elle-même, il semble résider chez ces individus un élément déclencheur qui les poussent à sortir de leur poche le "feutre de
l'expression".
Problème de l’image de ce genre d’action : vu comme une
dégradation … sauf, peut-être, dans certains cas
Le tag comme le graffiti est avant tout le générateur d’une identité que l'on revendique, une
marque, un logo, un dessin que des individus inventent et à auxquels ils appartiennent. Mais comme je l’indiquais précédemment, ces personnes qui taguent aujourd’hui les publicités ne sont pas
toutes des graffeurs, des artistes ou des antipub. Il est important de noter que ce type d’action est très souvent vu comme une dégradation et véhicule encore aujourd’hui une mauvaise image.
Selon moi, il s’agit d’une façon de s’exprimer et il ne faut pas lutter contre cela mais savoir l’utiliser de manière intelligente et changer cette image dégradante. Car en voyant tout cela je me
pose une question : avons nous la vision d’une affiche dégradée ou vandalisée lorsque le message inscrit nous fait rire, qu’il nous ressemble, qu’il nous surprend ou qu’il nous fait prendre
conscience d’une réalité?
L’idée : utiliser de façon intelligente cette façon de s’exprimer librement et spontanément pour rapprocher les individus entre eux mais aussi avec la marque ...
Il s’agit pour moi de faire appel aux messages vrais et aux messages spontanés car les messages dans lesquels nous nous reconnaissons sont bien souvent ceux qu’expriment nos amis, nos
collègues et même nos voisins de métro, écrits ou exprimés avec leurs propres mots. Selon moi, c’est en faisant appel aux personnes les plus proches de nous, les plus proches de nos consommateurs
qu’ils se reconnaîtront le plus dans une marque, que nous créeront un lien plus fort avec eux et qu’ils conserveront en mémoire cette action.
… à travers un média : redonner l’affichage au
consommateur
Finalement, la question que je me pose depuis le début de la rédaction de cet article est : que diraient les personnes qui croisent tous les jours ces affiches si on leur donnait l’occasion
de s'exprimer à leur tour dans ces encarts publicitaires ?
Faisons en sorte que l’affichage soit un média plus divertissant et pas seulement en le rendant plus visuel avec l'installation d'écrans mais en le rendant plus impliquant. Faisons toucher
au consommateur ce qu’il n’a l’habitude que de regarder et permettons lui de sortir des sentiers battus car c’est aussi ce que les individus
souhaitent. L’inscription de mots ou de dessins ne serait plus vu alors comme une action dégradante mais une action impliquante et
intelligente.
Car le média doit évoluer et s’ouvrir aux individus et ... le wait
marketing doit faire en sorte que l’individu devienne actif
Aujourd’hui les agences de communication mettent le consommateur au centre de leurs stratégies publicitaires par la compréhension de ses véritables besoins mais, il me semble tout aussi
important de mettre le consommateur au centre du média et de le rendre acteur de ce média, on le voit aujourd'hui notamment avec internet et la co-création. Bien évidemment, cela n’est pas
possible avec tous les médias mais ceux qui sont à la portée du consommateur doivent l’intégrer. En même temps que l’on pense stratégie et message, on doit penser à la manière dont on peut
intégrer le consommateur dans un média.
Avant de continuer sur cette voie, il est important de revenir sur une notion à laquelle j’ai fait référence au début de cet article : le wait marketing. Cette notion est-elle encore
d’actualité lorsque le cerveau des individus semble accaparé par leur journal gratuit, leur Smartphone, leur tablette ou encore leur iPod ? Et si finalement le wait marketing faisait en sorte que
les individus ne soient plus passifs en réinventant le média de l’affichage ? Ce temps qu’ils perdent à regarder des affiches dont ils ne se souviendront sûrement pas le lendemain, peut donc être
utiliser pour une marque.
C'est donc comme cela qu'il m'est venu l'idée de lier une marque, un média
(affichage) et surtout l'individu au centre d'un dispositif participatif. Mais quelle marque pourrait se lancer dans ce genre d'action ?
Souvenez-vous quelques lignes plus haut dans cet article j’ai utilisé le terme de «feutre de l’expression». Il me vient donc à l’esprit une marque qui pourrait parfaitement s’adapter à
l’idée développée dans cet article : BIC. Cette marque revient en ce moment sur le devant de la scène avec des campagnes audacieuses faisant appel à l’intelligence du consommateur. Rien de mieux
qu’un crayon pour s’exprimer et finalement rien de mieux que BIC pour vous offrir l’occasion de le faire grandeur nature.
Pour finir et récapituler brièvement les idées développées, nous avons
aujourd'hui un média qui est disponible et à la portée des individus, une marque ouverte et audacieuse peut donc se lancer sur ce genre d'action et toucher
ainsi des individus en quête d’expression libre.
Mise à jour le 25/05/11 pour de nouvelles photos prises dans le métro
parisien.
